Prix Écrans canadiens 2018

Prix spéciaux

Prix pour le meilleur premier long métrage

SADAF FOROUGHI POUR SON FILM AVA

Par le court métrage, le documentaire et l’art vidéo, la cinéaste canadienne d’origine iranienne Sadaf Foroughi s’intéresse aux histoires des femmes et aux situations auxquelles elles sont confrontées. Récompensé par le Prix FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique) du volet Découverte du Festival International du Film de Toronto (TIFF) en 2017, AVA est un film d’avant-garde dont la protagoniste est une adolescente ayant une vie dictée par les traditions strictes de l’Iran. Foroughi creuse profondément dans les traditions de son pays natal à travers les yeux du personnage titulaire, Ava. Alors que celle-ci s’efforce de trouver sa place dans une culture d’autorité, elle est poussée plus loin dans l’isolement alors qu’elle défie le devoir, la famille et l’hypocrisie de son environnement.

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Prix pour l’ensemble d’une carrière

Peter Mansbridge 

Pour son travail exceptionnel tout au long de sa carrière, qui a eu une influence profonde sur l’industrie des médias au Canada et à l’étranger.

« Donc, c’était The National, pour ce vendredi soir. Pour CBC News, ici Peter Mansbridge. Merci d’avoir été à l’écoute. Merci d’avoir été à l’écoute toutes ces années. Au revoir, et bonsoir, d’Ottawa. » Le 30 juin 2017 a marqué un moment doux-amer pour le présentateur de nouvelles, quittant son poste fidèle pour la dernière fois. Présentateur principal depuis le 2 mai 1988, M. Mansbridge a attiré les Canadiens en toute loyauté à l’émission The National presque tous les soirs de semaine grâce à ses reportages journalistiques approfondis et à son calme rassurant. Il était, comme dit le premier ministre Justin Trudeau, la voix de « Tout va bien aller ». Il n’est donc pas surprenant que le bureau de la CBC à Toronto ait depuis renommé son hall d’entrée « Mansbridge Hall », un espace aussi vif et accueillant que l’homme en question. Durant depuis des dizaines d’années, son héritage d’intégrité et sa soif de savoir pour tous les Canadiens ne sont que deux des raisons pour lesquelles l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision honore M. Mansbridge en lui décernant le prix pour l’ensemble d’une carrière.

Prix Hommage du conseil d’administration de l’Académie

Margaret Atwood

Pour ses engagements envers la croissance de l’industrie canadienne des médias.

Au cours des dernières années, Margaret Atwood a été le moteur d’une vague récente de télévision canadienne de haute qualité, comprenant Alias Grace, adaptation de Sarah Polley réalisée par Mary Harron, Wandering Wenda, qui vise à enseigner l’alphabet à un jeune public en 26 épisodes uniquement allitératifs, et The Handmaid’s Tale de Hulu, adaptation primée qui a connu un succès monstre. Il va sans dire que ce sont des résultats positifs pour Mme Atwood, dont les visions dystopiques dans ses romans comme Oryx and Crake, The Year of the Flood et MaddAddam inspirent son activisme en matière de protection de la faune et de lutte contre le changement climatique. À ce titre, le conseil d’administration de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision souhaite rendre hommage à une auteure, activiste et féministe dont la carrière de six décennies compte encore de nombreux chapitres merveilleux.

Prix Hommage du conseil d’administration de l’Académie

Jay Switzer

Pour ses engagements envers la croissance de l’industrie canadienne des médias.

« La télévision est ma vie », a déclaré Jay Switzer à Playback en 2004. Récemment nommé membre de l’Ordre du Canada, siégeant également au conseil d’administration de plusieurs entreprises médiatiques canadiennes comme William F. White International, Shaftesbury Films et OUTtv, M. Switzer a fait carrière en favorisant les voix d’ici et en promouvant les ondes canadiennes, la vocation de toute une vie que l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision reconnaît en lui décernant le prix hommage du conseil d’administration. Switzer ayant la programmation télévisuelle dans le sang, sa première grande réalisation a été la coécriture de la demande de licence pour MuchMusic en 1983. Dix ans plus tard, au cours des années 1990, il a introduit d’autres chaînes spécialisées au Canada, dont Bravo!, Star!, Space, MuchMoreMusic et CP24. Après avoir quitté ses fonctions de PDG du CHUM en 2007, M. Switzer a redoublé son engagement envers la télédiffusion grâce à Hollywood Suite, un lot de quatre chaînes de télévision spécialisées lancé en 2011. Il demeure l’un des plus grands défenseurs canadiens de la télévision et de la diffusion d’ici.

Prix Margaret-Collier

Denis McGrath

Remis à titre posthume, pour l’ensemble de ses exceptionnels écrits.

« Les écrivains devraient soutenir les écrivains », a déclaré le défunt Denis McGrath à Vinay Menon du Toronto Star il y a plus de dix ans. « En fin de compte, nous sommes tous concernés. » Avant la fin de sa lutte contre le cancer du pancréas en mars 2017 à l’âge de 48 ans, Denis était un brillant scénariste aimé de tous dont la carrière remarquable a traversé les styles et les galaxies. L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision est fière de remettre à Denis McGrath à titre posthume le prix Margaret-Collier, attribué à un écrivain canadien en hommage à l’ensemble de son œuvre exceptionnelle à la télévision ou au cinéma. Lorsqu’il n’écrivait pas pour des émissions de télévision comme X Company, Aftermath, Continuum, Republic of Doyle, Creeped Out et bien d’autres, M. McGrath partageait ses perspectives sur le processus d’écriture, enseignant à des institutions comme l’université Ryerson, son alma mater, et le Canadien Film Centre, dont il était ancien étudiant et résident. Son départ est une perte énorme.

Prix Earle-Grey

Clark Johnson

Remis pour son influence exceptionnelle sur la force de l’industrie au pays et partout dans le monde.

« Vous considérez-vous comme un réalisateur plus qu’un acteur? », a demandé le Globe and Mail à Clark Johnson en 2010. « Non, je suis un acteur qui est aussi réalisateur », a-t-il répondu. « Ce sera probablement toujours ainsi. » M. Johnson a amorcé sa carrière d’acteur dans les années 1980, décrochant des rôles récurrents dans des émissions canadiennes comme Hot Shots et Night Heat. Il a par la suite joué dans The Wire de la chaîne HBO, en plus d’en réaliser à la fois l’émission pilote et le tout dernier épisode. Il s’est tenu occupé depuis la fin de la série il y a près de dix ans, ayant réalisé des épisodes des drames policiers Homicide, Nikita, The Shield, Flashpoint, NYPD Blue et Law & Order: SVU. Achevant la postproduction de son nouveau long métrage, Juanita, M. Johnson, mis en nomination pour un Emmy, se trouve régulièrement devant et derrière la caméra : un véritable artiste digne du prix Earle-Grey de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, remis en reconnaissance de l’ensemble d’une œuvre exceptionnelle à la télévision canadienne.

Prix de l’innovation médiatique exceptionnelle

Pat Ellingson

Pour ses réussites en matière d’innovation révolutionnaire dans l’industrie canadienne des médias.

TVOKids.com est une destination animée pour les enfants qui leur permet de jouer et d’interagir avec un contenu amusant, éducatif et attirant pour tous. C’est aussi l’invention de Patricia Ellingson, ancienne directrice créative des médias pour enfants et parents de TVO et lauréate du prix de l’innovation médiatique exceptionnelle inaugural. Anciennement appelé « prix du pionnier en médias numériques », le prix de l’innovation médiatique exceptionnelle honore les applications réussies d’innovations révolutionnaires dans l’industrie canadienne des médias. « Chez TVO, nous avons reconnu très tôt que l’internet et la technologie allaient changer la façon dont notre public consommait les contenus », a affirmé Mme Ellington. « Nous savions que nous devions conserver une longueur d’avance. » Le site Web a depuis prospéré. Et bien qu’elle ait pris sa retraite de TVO en 2015, Mme Ellington n’a pas cessé de faire du mentorat. Ces temps-ci, à partir de sa résidence à Vancouver, elle travaille comme conseillère en matière de médias pour enfants pour les producteurs qui cherchent à créer la prochaine révélation dans le secteur des médias numériques.

Prix Gordon-Sinclair pour le journalisme parlé

Karyn Pugliese

Remis pour ses exceptionnelles contributions au journalisme télévisé canadien.

« Lorsque les gens perdent leur histoire, ils perdent leur contexte et leur capacité d’interpréter le monde qui les entoure », a écrit Karyn Pugliese de la Première Nation Pikwàkanagàn dans l’Ottawa Citizen à l’occasion du 150e anniversaire du Canada. « Les peuples autochtones veulent simplement que les Canadiens comprennent le pourquoi des choses. » En tant que membre du conseil d’administration de l’organisme Canadian Journalists for Free Expression, ayant également effectué des reportages frappants comme ceux sur le système de pensionnats du Canada et les femmes autochtones assassinées, Mme Pugliese a consacré sa carrière à la couverture journalistique d’actualités qui seraient autrement peu abordées. Elle a joué un rôle déterminant dans la création du RTPA (Réseau de télévision des peuples autochtones), le premier diffuseur autochtone dans le monde, grâce à ses enquêtes approfondies et à son style de reportage déterminé. Elle a remporté trois prix Native American Journalism Awards et obtenu une nomination pour un prix Canadian Association of Broadcasters Gold Ribbon Award. L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision reconnaît l’influence de son travail incroyable en lui décernant le prix Gordon-Sinclair pour le journalisme parlé.

Prix Icône de l’Académie

Rick Mercer Report

Pour sa contribution continue à l’industrie des médias à l’intérieur du Canada et à l’échelle mondiale.

Un adjectif se trouve au cœur du prix Icône de l’Académie : « emblématique ». De vifs graffitis servant de toile de fond récurrente, on peut repérer une diatribe de Rick Mercer du fin fond de St. John’s, à Terre-Neuve, ville natale de l’humoriste politique (en présumant, évidemment, qu’on ne peut pas aussi l’entendre de là-bas). Les diatribes hebdomadaires de Rick dans la ruelle des graffitis au centre-ville de Toronto sont des points forts de l’émission Rick Mercer Report, lauréate du prix Icône de l’Académie et pilier de la CBC créé par M. Mercer et Gerald Lunz en 2004 qui, tristement, se termine enfin après 15 saisons. « Je ne peux pas vous dire à quel point ça a été amusant », a affirmé M. Mercer, ne sachant pas trop où il se retrouvera une fois que le dernier épisode aura été diffusé. D’ici là, par contre : même heure, même poste. « Sur les ondes de CBC Television, le mardi à 20 h », d’ajouter Rick. « À 20 h 30 pour Terre-Neuve-et-Labrador, un endroit où je passerai beaucoup plus de temps à l’avenir. »

Prix humanitaire

Bell Let’s Talk/Bell Cause pour la cause

En reconnaissance de la campagne nationale révolutionnaire visant à soutenir la santé mentale.

La journée Bell Cause pour la cause est un événement annuel lors duquel les Canadiens affrontent la stigmatisation de la maladie mentale et le manque de services de santé mentale en parlant, en publiant sur Twitter et en écrivant des messages, tout en amassant des fonds en cours de route. En exploitant la puissance des réseaux sociaux et des communications instantanées en tant qu’outil pour échanger de façon réfléchie, la journée Bell Cause pour la cause est une campagne révolutionnaire digne du prix humanitaire 2018 de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. « Quand on peut… écouter une personne, c’est souvent la première étape qui lui permet de savoir qu’elle n’est pas seule », a déclaré la porte-parole nationale et célèbre olympienne Clara Hughes. « Qu’elle est aimée et précieuse, et qu’il y a de l’espoir. » Depuis le lancement de la campagne en 2010, Bell a amassé un total cumulatif de 86 504 429,05 $, un impact spectaculaire qui a ouvert la porte à la compassion articulée et à l’action significative en ce qui concerne l’importance de la santé mentale.